De marcay-Passe-partout          

Dirigeable de Marçay-Kluytmans

mars 1908 De marcay-moonen-Monoplan

Vue d'un dirigeable De Marçay-Kluytmans (photo : Gallica - Science progrès découverte, 1908) Vue d'un dirigeable de Marçay-Kluytmans à la Galerie des Machines. Ce bâtiment fut construit à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889, à Paris, France, et était d'une longueur de 420 m.

Edmond de Marçay (1869-1929), était un industriel qui s'intéressa rapidement aux nouvelles technologies de son époque, en commençant par l'automobile et les motocycles. En 1907, il finança un dirigeable conçu par le hollandais Johan Kluytmans. Cet aéronef assez original, dont la partie technique fut confiée à l'aéronaute Paul Leprince (1871-1914), devait servir aux études et n'emportait pas d'équipage. A la même période, avait été lancé le dirigeable militaire semi-rigide Lebaudy Patrie (longueur 61,0 mètres, diamètre 10,3 m, volume 3.600 m3). Son premier vol avait été fait en septembre 1906, et il fut perdu fin novembre 1907, près de Verdun, Meuse, à la suite de la rupture de ses amarres.

A l'époque, les partisans du ballon souple étaient d'avis qu'une rigidité suffisante pouvait être réalisée avec l'étoffe, tandis que pour leurs adversaires, une carcasse entièrement métallique était de rigueur. Chez Zeppelin, ont avait porté ce dernier concept jusqu'à une rigidité absolue, mais Kluytmans était pour une solution plus souple. Un premier ballon expérimental fut construit et testé à l'intérieur de la Galerie des Machines, en atmosphère absolument calme. Les essais furent encourageants, car le petit engin doté d'un moteur de seulement 1,5 ch, put faire à l'intérieur du bâtiment, une petite dizaine de tours, à une vitesse atteignant parfois 60 km/h.

Ces résultats satisfaisants poussèrent les inventeurs à construire un ballon plus grand, d'une volume envisagé d'environ 2.500 m3, avec cependant quelques modification rendues nécessaires, à la suite des essais. L'enveloppe était formée de deux parties distinctes, constituées par deux ballons cylindriques placées l'un devant l'autre, le premier étant terminé par une partie pointue, à l'avant, et le deuxième par une partie semi-sphérique, à l'arrière. La longueur totale, en comptant l'espace de séparation, au milieu, était de 45 mètres, pour un diamètre de 8 m.

Afin de leur donner une certaine rigidité, chaque ballon était doté, à sa base, d'un long tube d'acier, élément servant aussi à l'attache de ralingues. Ces éléments métalliques n'existaient pas sur le ballon d'expérience qui avait uniquement été construit pour l'étude du rendement de l'hélice. Le fond de chacun des réservoirs était formé d'une plaque circulaire en aluminium, ceinturée par un tube d'acier. Ces couronnes étaient rendues solidaires par quatre tubes en forme de U inversé et aplati, avec la boucle orientée vers l'extérieur, et placés en haut, en bas, à droite et à gauche. Ces éléments, d'un diamètre de 7,0 cm, permettaient également un échange de gaz entre les deux enveloppes, afin d'équilibrer les pressions internes et pour augmenter la rigidité, ils étaient reliés par des tirants, à l'avant et à l'arrière du dirigeable.

L'espace libre aménagé entre les deux ballons servait au logement de l'hélice montée au centre, sur un axe réunissant les deux fonds opposés. Cette hélice bipale était formée de longs bras rigides portant des plans dépassant d'environ un mètre à l'extérieur, par rapport aux parois de l'enveloppe. Cette disposition permettait une poussée agissant au centre du dirigeable, et cette dernière s'exerçait suivant l'axe longitudinal, ce qui ne perturbait pas la stabilité de l'aéronef. Aussi, le courant tangentiel engendré n'effleurait jamais l'enveloppe et n'exerçait pas d'effort sur la toile de revêtement. L'hélice, dont les pales étaient d'une petite surface, tournait relativement lentement (300 tr/min), et était entrainée par courroie depuis le moteur placé en position basse.

La nacelle était suspendue, au niveau de la partie centrale, par un treillis de tubes métalliques constitué en partie haute, par quatre mâts, reliés sur les deux côtés aux deux anneaux formant le pourtour du fond des enveloppes. Le dirigeable n'avait pas de plan stabilisateur vertical de queue, mais cette dernière portait des plans horizontaux. Cependant, une dérive de forme triangulaire faite d'étoffe et soutenue par des cordages souples attachés aux ralingues, était placée sous la partie arrière. Cet élément destiné à assurer la stabilité de la machine, était terminé par une gouverne de direction de forme carrée. La nacelle devait être d'une longueur importante de quarante mètres, afin d'avoir une force ascensionnelle répartie sur de nombreux points, et aussi, pour faciliter la mise en marche depuis le sol, en multipliant les points d'ancrage.

La machine était équipée d'appareils ordinaires pour le type : panneau de déchirure à la partie supérieure des enveloppes, soupape automatique tout à fait à l'arrière, ballonnet compensateur gonflé par un ventilateur. De plus, un sifflet avertisseur fonctionnait dès que la pression à l'intérieur des enveloppes atteignait une limite un peu supérieure à la normale. Enfin, dans le but de réaliser immédiatement l'équilibre dans la force ascensionnelle des deux ballons, équilibre qui pourrait être momentanément rompu et serait à l'origine d'un tangage, cependant rétabli à terme grâce aux quatre tubes de liaison, on avait pourvu la nacelle d'un contrepoids capable de se déplacer automatiquement de l'arrière à l'avant ou dans l'autre sens, afin d'empêcher cette dernière de s'incliner dans un sens ou dans l'autre.

Le dirigeable de Marçay-Kluytmans, qui présentait une architecture novatrice, fut essayé sous élingues, et en resta finalement au stade des études. Par la suite l'industriel, ainsi que l'ingénieur hollandais, proposèrent des avions plus conventionnels.


Source partielle : site web Wikipedia, et Gallica.

DE MARCAY-KLUYTMANS 
Moteurs(s)/Engine(s)   1 moteur à pistons de 70 ch                                                                   
Envergure/Span                 Longueur/Length 45,00 m (147 ft 7.7 in) Diamètre/Diameter 8,00 m (26 ft 3 in) Volume 2.200 m3            
Vitesse/Speed                                     Plafond/Ceiling                      Autonomie/Range                      Endurance/Endurance                     


Retour partie aéroplanes/return to the airplanes part Index  Table des matières/table of contents Avions des débuts de l'aviation/early aviation aircrafts