Dassault-Mirage 2000                     

Dassault Mirage F1

décembre 1966 Dassault-Mirage g

Vue d'un Mirage F1 Vue d'un chasseur et avion d'attaque à aile haute Dassault Mirage F1.

Le Mirage F1 fut le successeur, chez Dassault, de la série très réussie à aile delta Mirage III/5, et il fut développé pour répondre à une demande de l'Armée de l'Air concernant un intercepteur tout temps. Bien que toujours équipé d'un unique réacteur, une version du SNECMA Atar 9K à réchauffe, comme employé sur le Mirage 50, sur le F1, la voilure delta fut abandonnée au profit d'une aile haute totalement nouvelle et de plans de queue conventionnels. Le fuselage, avec une partie avant très fine, était globalement identique à celui de l'appareil prédécesseur, mais la dérive avait été redessinée et le train d'atterrissage principal se repliait maintenant dans la partie basse de la cellule.

Le prototype effectua son vol inaugural fin décembre 1966, puis les premières livraisons à la force aérienne française, de la version intercepteur tout temps, F1C, débutèrent en mai 1973. Un lot initial d'un peu plus de 80 exemplaires, fut suivi d'un groupe d'une quantité équivalente de F1 C-200, une version munie d'une perche de ravitaillement fixe implantée en avant du cockpit, du côté droit. L'aviation militaire fut aussi dotée d'une vingtaine de biplaces Mirage F1 B destinés à l'entraînement, mais totalement aptes au combat.

Dassault convertit un peu plus de soixante F1 C-200 pour servir de plateforme de reconnaissance tactique dédiée. Cette variante désignée F1 CR-200, était équipée d'un capteur infrarouge (SAT SCM2400 Super Cyclope), d'appareils de prise de vues photographiques logés dans le nez (Thomson TRT 40 panoramique ou TRT 33 vertical), d'un coffre ventral contenant un radar embarqué à balayage latéral Raphaël TH (SLAR, Side-Looking Airborne Radar), et d'autres capteurs, par exemple, système de reconnaissance électronique (ELINT, ELectronic INTelligence) ASTAC, ou encore pod optique RP35P. Le radar Thomson Cyrano avait été modifié, et l'avion emportait un lance-leurres et des systèmes de contre-mesures électroniques. Le F1 CT (T pour Tactique), fut créé de manière logique, pour répondre à un manque d'appareils d'attaque au sol, en France, et fut pris dans les surplus de chasseurs de défense rendus disponibles après la mise en service du Mirage 2000C. A partir de l'année 1991, Un peu plus de cinquante F1 C furent convertis dans le standard F1 CT (Chasse Tactique) et fournirent une capacité tactique étendue, avec un système amélioré de navigation et d'attaque comprenant un télémètre laser placé sous le nez, un équipement RWR (radar warning receiver) amélioré, et le largage possible de leurres. Le F1 CT fut le plus souvent déployé dans les unités françaises basées en Afrique.

Le Mirage F1 fut largement exporté. Le F1 C fut fourni à l'Afrique du Sud (référence F1 CZ), au Maroc (F1 CH), à la Jordanie (F1 CJ), au Koweït (F1 CK, F1 CK2), à la Grèce (F1 CG), et à l'Espagne (F 1CE). Le Mirage F1 A fut une variante simplifiée, prévue pour les missions d'attaque de jour, dotée d'un radar de navigation et de contrôle de tir Aïda II monté dans une partie avant revue, et il fut fourni à la Libye (F1 AD) et à l'Afrique du Sud (F1 AZ). Le Mirage F1 E (et sa version biplace d'entraînement F1 D), fut une version améliorée multi-rôles chasseur/attaque destinée à l'export, dotée d'un système de navigation inertiel (INS, inertial navigation system) et d'un afficheur tête haute (HUD, head up display). Le F1 E fut fourni à l'Equateur (F1 JA/E), à l'Irak (F1 EQ), à la Jordanie (F1 EJ), à la Libye (F1 ED), au Maroc (F1 EH et F1 EH-200), au Qatar (F1 EDA et F1 DDA), et à l'Espagne (F1 EE-200).

Les F1 irakiens furent détruits en un nombre significatif par des chasseurs iraniens, lors de la guerre Iran-Irak (septembre 1980-août 1988), et également, par des appareils américains et de l'Arabie Saoudite, pendant la la guerre du Golfe (première guerre d'Irak), en 1990-1991. En retour, une demi-douzaine de victoires furent acquises, côté Irak, avec dans le tableau, au moins un F-14A iranien. Les Mirage F1 de la S.A.A.F. (South African Air Force), détruisirent plusieurs MiG-17 de l'Angola, lors de combats tenus dans les années 1980.

Déclaré opérationnel dans sa version défense aérienne en 1973, le Mirage F1 fut construit, en ses diverses versions, en un peu plus de 745 exemplaires, avant l'arrêt de la fabrication, en 1989. Ce chasseur et avion d'attaque était équipé de deux canons DEFA 553 de calibre 30 mm, et pouvait emporter sous les ailes et le fuselage, une charge en armes allant jusqu'à 13.890 livres (6.300 kg), composée de bombes de divers poids, de missiles Matra R-530/Super 530F, de missiles air-air AIM-9 Sidewinder ou R550 Magic, de missiles air-sol à guidage laser AS-30L, d'un missile air-mer AM-39 Exocet, de paniers à roquettes, ou de réservoirs supplémentaires. Par rapport au Mirage III, le F1, pouvait grâce à son aile haute, décoller sur une distance beaucoup plus courte, à une vitesse moindre, et sa capacité en carburant en interne était plus importante, ce qui augmentait son autonomie au combat. L'épaisseur des plans était plus importante, mais ces derniers, en compensation, étaient équipés de becs montés sur la totalité du bord d'attaque et de volets à double fente. Les lames de bord d'attaque étaient automatiquement déployées afin de réduire le rayon de virage de l'appareil lors de phases de combat.

Dans les années 1970, une version du F1 plus évoluée et dotée d'un réacteur plus puissant SNECMA M53, fut développée pour répondre à une demande de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) portant sur le remplacement du F-104G. La compétition fut finalement gagnée par le General Dynamics F-16, mais la variante de F1 proposée termina en seconde place. Dans l'armée de l'air française, le F1 fut remplacé par le Mirage 2000.


Vue d'un Dassault F1 C-200 (photo : JN Passieux - Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget) Vue d'un Dassault Mirage F1 C-200, immatriculation 330-AO, c/n 207, de la force aérienne française, vue du train d'atterrissage principal droit, et de la partie avant, avec le cockpit et la perche de ravitaillement. Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, France, mars 2026.

Sources partielles : Fighters of the 20th Century - Jim Winchester (ISBN 1-8403-7388-1), et Airlife's World Aircraft - Rod Simpson (ISBN 1-8403-7115-3).

MIRAGE F1 C         
Moteurs(s)/Engine(s)   1 réacteur de 5.000 kgp (7.160 kgp avec réchauffe) Snecma Atar 9K-50                                 
Envergure/Span 9,32 m (30 ft 6.9 in) Longueur/Length 15,30 m (50 ft 2.4 in) Hauteur/Height 4,50 m (14 ft 9.2 in) Poids total/Weight 16.200 kg (35,710 lb)
Vitesse/Speed 2340 km/h à 11000 m          Plafond/Ceiling 20.000 m (65,620 ft) Autonomie/Range 425 km (combat)      Endurance/Endurance 2 heures 15 minutes 


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