Breguet-19          

Breguet 20 Léviathan

juin 1922 Breguet-280t

Vue d'un Breguet 20 (photo : Gallica - Agence Meurisse, 1922) Vue d'un grand biplan Breguet 20 Léviathan, immatriculation F-ESBH, numéro 4, pilote Robert Thiéry, lors du Grand Prix des Avions de Transport, sur le terrain du Bourget, région parisienne, France, en novembre 1922, et vue de face de ce même appareil. Parmi les concurrents de cet avion, on trouvait alors un monomoteur Farman F.90, immatriculation F-FARG, numéro 3, pilote Lucien Bossoutrot, un quadrimoteur Caudron C.74, immatriculation F-ESAB, numéro 1 (accidenté durant l'épreuve, perte du pilote Alphonse-Flavien Poiré, et mécaniciens Emile Bobillier et M. Courcy), et également un bimoteur Grand Express aériens (Express Mureaux, numéro 5, licence appareil britannique Vickers Vimy), avec comme autres pilotes Maurice Drouhin, Louis Favreau, Jacques Labouchère. Etaient inscrits, mais ne participèrent pas, un trimoteur Caudron C.61, pilote Jean Bécheler (1891-1981), et un trimoteur Potez X, pilote Gustave Douchy.

Le biplan Breguet 20 (XX) était un grand avion de transport civil de passagers et de fret, prévu pour emporter une dizaine de passagers, et développé en parallèle du réussi modèle 19 d'orientation plutôt militaire. Ces deux machines avaient en commun une structure métallique composée en partie en Duralumin, mais le Breguet 20 avait une motorisation assez complexe à base de propulseurs Bugatti. Cet avion ne fut construit qu'en un seul exemplaire qui vola pour la première fois en juin 1922, avec Robert Thiéry (1895-1925), aux commandes, puis participa au concours des avions de transport (Grand Prix de Paris des Avions de Transport) la même année, mais victime d'un incident moteur, il fut obligé d'atterrir prématurément lors de cette compétition. Finalement, non mis en production, il fut néanmoins décliné en plusieurs variantes, et finalement démantelé, quelques-uns de ses composants étant utilisés plus tard pour la construction du Gyroplane Laboratoire, un hélicoptère réussi qui établit plusieurs records dans sa catégorie, en 1936.

La cellule de ce grand biplan était entièrement métallique. Elle était constituée de longerons tubulaires en Duralumin reliés à des cadres de forme globalement carrée de même matériau. La partie avant allait en s'effilant, et était d'une largeur suffisante pour permettre un accès de côté aux moteurs. L'habitacle était dégagé de tout haubanage, ce qui laissait libre la totalité de l'espace intérieur et permettait d'installer un couloir central. La partie avant du fuselage était couverte par des onglets en aluminium embouti recouvrant les arêtes tandis que les surfaces planes étaient revêtues de panneaux étirés d'une faible épaisseur. Le poste du pilote et de son aide, logés côte à côte, était ouvert et situé en partie haute de la cellule, relativement vers l'arrière, et du cockpit, l'équipage avait une bonne visibilité permettant aussi la vue du train d'atterrissage principal.

Les plans étaient basés sur trois longerons métalliques, croisés avec des nervures de même matériau. La plupart de ces éléments étaient emboutis, puis rivetés les uns aux autres lors du montage, le revêtement étant en toile enduite. Les ailes étaient alignées et montées avec une légère flèche. L'aile supérieure seule, était disposée avec un léger dièdre, et portait des ailerons à corne compensés. Le plan bas était relié au plancher de la cellule, tandis que le plan haut était attaché à cette dernière par une cabane formée de quatre mâts inclinés. Les ailes étaient reliées par trois groupes de mâts d'entre plans de chaque côté, montés, de même que le haubanage, sur rotules. Afin de renforcer la partie centrale de voilure, des jambes de forces inclinées reliaient les pieds des premiers mâts latéraux aux longerons supérieurs du fuselage. L'empennage était constitué, pour la direction, de deux petits plans fixes latéraux, et d'un plan central réglable en partie en vol et portant une gouverne compensée. Pour la profondeur, les plans comprenaient une partie avant réglable et une partie arrière fixe. Les parties mobiles des éléments de queue jouaient le rôle de compensateurs et permettaient d'obtenir le centrage le meilleur, en fonction de la charge de l'appareil, et en latéral, de compenser un écart possible dû à un vent de côté ou, dans le cas d'un montage en type bimoteur, de compenser une différence de puissance entre les propulseurs.

Le train d'atterrissage fixe conventionnel était formé d'un train principal portant des roues indépendantes d'un diamètre de 1,75 m, montées élastiquement sur renvoi, avec le point d'impact situé en avant du point d'articulation, cette géométrie permettant de réduire de manière notable le rebondissement de l'appareil à l'atterrissage et créant lors de cette phase de vol, un couple ayant tendance à plaquer la queue au sol. La voie du train principal était de quatre mètres, et il était complété d'un patin de queue monté sur sandows en caoutchouc. Le carburant était contenu dans quatre réservoirs, l'alimentation des moteurs étant effectuée par des pompes capables d'alimenter chacune, les quatre groupes de huit cylindres. La capacité était suffisante pour une durée de sept heures de vol à pleine puissance, et de dix heures en régime de croisière.

Le Breguet 20 pouvait être aménagé pour le transport de passagers ou de fret. La cabine était agencée en deux rangées latérales de deux fauteuils capitonnés, avec un couloir central. L'accès se faisait par une porte latérale située à gauche, en partie centrale, et l'éclairage était assuré par des hublots placés dans le plafond et les parois. La charge utile atteignait au total 2.200 kg.

Le groupe propulseur était assez complexe, il était formé de deux moteurs Bugatti U-16 constitués eux-mêmes, de deux blocs de huit cylindres en ligne montés dans un carter commun et entraînant, par engrenages à denture hélicoïdale, une couronne centrale. Le moteur antérieur était monté en sens inverse de la marche, tandis que le postérieur était monté, plus en hauteur, avec sa prise de force vers l'avant. Les deux propulseurs étaient reliés par un bloc de liaison, d'où sortait un long arbre passant entre les rangées de cylindres du moteur avant, et entraînant une grande hélice de 4,5 mètres de diamètre formée de deux éléments à deux pales. Les blocs de huit cylindres pouvaient être débrayés de manière automatique, par rapport à la couronne centrale, par utilisation de la poussée axiale exercée par les pignons à denture hélicoïdale, qui était normalement équilibrée par la tension d'un ressort prenant appui sur une butée. Un dispositif spécial indiquait au mécanicien chargé de la surveillance en vol, les valeurs du couple délivré par chacun des moteurs, et ce dernier pouvait être réglé de manière individuelle. Un autre système permettait de ne pas désaccoupler les propulseurs, lors d'une mise au ralenti, pour par exemple, la manoeuvre d'atterrissage. Le radiateur de refroidissement formé de quatre éléments interchangeables solidaires d'un collecteur central, était placé en partie supérieure du capot, au droit du bloc de couplage entre les moteurs.


Tableau de variantes :
Modèle Type Année Caractéristiques
Breguet 21 Bombardier de nuit 1922 Version militaire du Breguet 20, variante construite en un unique prototype.
Breguet 22 Avion de ligne 1923 Avion civil dérivé de facture plus classique, immatriculation F-ESBI, avec les propulseurs montés entre les plans. Initialement, moteurs Bugatti entraînant des hélices tractrices, puis propulseurs plus conventionnels Lorraine-Dietrich disposés en tandem. Unique prototype, machine exposée lors de l'Exposition internationale de la Locomotion Aérienne de Paris, au Grand Palais, fin 1922, début 1923. Avion détruit lors de tests, en septembre 1923.
Breguet 23 Avion militaire   Projet d'appareil militaire dérivé du Breguet 21, puis référence reprise pour un unique prototype dérivé du Breguet 19 TF, possiblement construit et cédé aux Républicains Espagnols.

Sources partielles : site web Wikipedia, et Gallica.

Br-20               
Moteurs(s)/Engine(s)   2 moteurs à pistons de 440 ch               Breguet-Bugatti U-16                              
Envergure/Span 25,54 m (83 ft 9.5 in) Longueur/Length 14,02 m (45 ft 12 in) Hauteur/Height 5,13 m (16 ft 10 in) Poids total/Weight 6.300 kg (13,890 lb)
Vitesse/Speed 175 km/h à 2000 m            Plafond/Ceiling 5.000 m (16,400 ft)  Autonomie/Range 1.600 km (990 miles) Endurance/Endurance 10 heures           


Br-22               
Moteurs(s)/Engine(s)   2 moteurs à pistons de 480 ch               Breguet-Bugatti U-16                              
Envergure/Span 25,54 m (83 ft 9.5 in) Longueur/Length 14,02 m (45 ft 12 in) Hauteur/Height 5,13 m (16 ft 10 in) Poids total/Weight 6.400 kg (14,110 lb)
Vitesse/Speed 170 km/h (110 mph)                  Plafond/Ceiling 4.000 m (13,120 ft)  Autonomie/Range 1.100 km (680 miles) Endurance/Endurance                     


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